J’ai vu une vidéo expliquant que les écrans sollicitent le mental et ainsi ne peuvent constituer une pause,
Un proverbe zen dit « Si tu comprends, les choses sont comme elles sont, si tu ne comprends pas, les choses sont comme elles sont »,
Seulement observer, goûter, ressentir, saisir la réalité, faire respirer nos pôles opposés, en alternant d’aller dans l’une ou l’autre fonction cérébrale, le corps ou le cerveau,
Comme un mouvement, d’expansion et de contraction,
Si je compte sur mon sentiment amoureux pour tenir mon couple, que ferais-je quand il s’envolera, le sentiment étant par nature volatile ?
Quel constat d’échec devant sa disparition ?
Je trouve qu’une pression idéologique pèse aujourd’hui sur la retenue du sentiment qui est impossible !
Et la déception associée face au constat d’une nature changeante.
Et pourtant l’évolution même du sentiment est souhaitable.
Le travail thérapeutique se situe ailleurs, personne n’a de prise sur les sentiments quand ils nous traversent. Nous n’avons pas d’accès direct mais on peut décider de ce qu’on va en faire, de ce que ça va générer comme action.
C’est par le cadre sécuritaire que je vais donner à mon union, que je vais pouvoir accueillir, accompagner, voir s’épanouir, si je le désire, des sentiments toujours plus profonds et puissants dans la relation,
Les générations précédentes ont souhaité libérer l’émotion du carcan de la raison, à raison!
Elles ont par contre (comme souvent dans les bascules, j’ai l’image de ces balançoires que l’on pratique à deux) aucunement redéfini la place que devait prendre la raison par rapport à l’émotion.
Nous sommes dans un monde qui a perdu la valeur du temps, de moins en moins utilisé ni appris à l’école, Médine le rappeur a cette phrase forte « on perd le Nord, on racialise », pour exprimer que sans but, on s’enferme, la raison prend insidieusement une place dans nos relations,
La raison c’est notre cap, idéal, rêve, interprétation de la réalité, elle se situe dans un avenir qui nous attire,
L’émotion se conjugue au présent, elle est réalité, contraintes, limites, message interne, corps,
Nous avons besoin des deux, distinct dans l’espace et le temps, reliés, articulés, pour éviter la dissonance cognitive (je vis ma vie sur 2 plans parallèles) ou la fusion qui les confond et nous fait tourner en rond,
la première pour diriger les sensations vers un sens réalisable et intelligible, la seconde pour avertir d’une faisabilité, d’une négociation urgente à mener avec soi en vue d’une relation meilleure, cette relation permettant la réalisation de nos rêves (bien plus grands que nos envies passagères du moment) !
Comme un cœur qui rassemble ses deux branches ensemble à l’image de l’arbre de ma terrasse ou du galet trouvé sur la plage, qui redisent l’importance du lien dans l’amour,
Pour moi la thérapie de couple est une thérapie du lien, est-ce qu’il les unit, les maltraite, les fait grandir ensemble avec un socle mais dans deux univers séparés ? C’est les mots du poète, tels des cordes d’un luth qui ne se touchent pas mais vibrent de la même harmonie ? On a trop vite fait de dire « il m’a fait vivre ça, c’est impardonnable » sans voir que c’est la relation qui souffre et a besoin de nos soins à tous les deux…
Bref, et si nous arrêtions de traquer la dépendance affective pour débusquer la beauté de la relation ?
La sexualité est une quête identitaire personnelle à appréhender dans une dimension globale,
Constituée de mon histoire affective, elle-même liée à ma généalogie, rétablir un lâcher prise est un désapprentissage du contrôle que j’exerce sur moi pour parer mes résiliences.
Lors de blessures émotionnelles nous avons développé un paravent, comme un anticorps, qui s’incarne dans mes accès et détermine l’ouverture et la fermeture de mon sexe de manière autonome.
La conscientisation est consentement, connexion, contact, dialogue entre mon monde intérieur instinctif et émotionnel, et ma pensée, mes attentes, mes valeurs, qui réconcilie désir et plaisir.
Mon rôle de sexo thérapeute, est d’accompagner un long processus, un maternage, sans coller mes propres recettes, avec une juste distance pour que vous trouviez le lien à vos ressources profondes, la satisfaction quotidienne, l’intérieur et l’extérieur unis,
La première est celle des pulsions, elle est importante aux développements des autres et manque si elle est entravée ou niée,
La seconde est celle de la passion, la découverte d’un sentiment fort, qui remplit, mais qui est possession de l’autre, loin de l’amour véritable, qui passe en laissant un goût amer, et amène parfois à
la troisième, voie du cœur, amour serein et plus calme, où se forme les projets, enfants, maison… mais qui finit par être ennuyante, et la tentation est alors grande de faire marche arrière, de trouver un amant, une maîtresse ou de divorcer.
Pour ceux qui s’accrochent, comme un coquillage à son rocher, balloté par les vagues, ils peuvent atteindre la quatrième marche, celle de la sexualité,
Qui ouvre à plus grand, qui est union, communion, une force créatrice qui mènent au centre spirituel.
Ici, c’est l’écoute, chacun a une place dans le dialogue, c’est l’amour inconditionnel, vrai,
(Cette progression est inspirée du livre « les mémoires du corps » de Myriam Brousse)
Peut-être qu’arpenter seulement des routes goudronnées nous fait oublier l’aspérité du chemin que connaît un marcheur qui s’aventure hors des sentiers battus…
et l’illusion nous amène à renouveler l’expérience du début de la relation avec de nouveaux partenaires,
Au début, c’est comme être ébloui par le soleil, tout nous paraît lumineux,
et puis le paysage revient et c’est un travail de continuer à voir le beau, à s’en réjouir. (On pense à dire qu’on a mal quelque part en se levant mais pas quand on a mal nulle part)
Mais ce travail nous amène à contempler autrement la vie,
regarder lucidement le caillou qui nous barre le chemin,
voir nos points de connexion qui nous permettront d’accéder à nos ressources de couple,
faire équipe et trouver notre recette pour surmonter, contourner… la difficulté
se rencontrer à travers cette expérience de couple qui nous sort de notre zone de confort,
développer notre intelligence émotionnelle pour communiquer,
rentorcer notre amour, …
Vous voyez autre chose ?
Je trouve que cette aventure vaut le coup d’être vécue quitte à se faire aider lorsqu’on est en manque d’inspi, par un tiers qui pose le cadre et nous permet d’amorcer un travail sur soi..