Quand tu montes une côte et que tu regardes devant toi, tu ne vois que la montagne qui se masse,
si tu lèves la tête, alors tu entrevois le sommet, et au lieu de t’apparaître comme une difficulté insurmontable, il t’attire et te détourne de ta difficulté présente, te permettant de la surmonter,
De la même manière, peuvent s’articuler dans notre vie l’extraordinaire agissant comme un cap, un phare, de notre quotidien, nous invitant à faire des allers-retours constructifs avec notre ordinaire,
Les générations précédentes ont souhaité libérer l’émotion du carcan de la raison, à raison!
Elles ont par contre (comme souvent dans les bascules, j’ai l’image de ces balançoires que l’on pratique à deux) aucunement redéfini la place que devait prendre la raison par rapport à l’émotion.
Nous sommes dans un monde qui a perdu la valeur du temps, de moins en moins utilisé ni appris à l’école, Médine le rappeur a cette phrase forte « on perd le Nord, on racialise », pour exprimer que sans but, on s’enferme, la raison prend insidieusement une place dans nos relations,
La raison c’est notre cap, idéal, rêve, interprétation de la réalité, elle se situe dans un avenir qui nous attire,
L’émotion se conjugue au présent, elle est réalité, contraintes, limites, message interne, corps,
Nous avons besoin des deux, distinct dans l’espace et le temps, reliés, articulés, pour éviter la dissonance cognitive (je vis ma vie sur 2 plans parallèles) ou la fusion qui les confond et nous fait tourner en rond,
la première pour diriger les sensations vers un sens réalisable et intelligible, la seconde pour avertir d’une faisabilité, d’une négociation urgente à mener avec soi en vue d’une relation meilleure, cette relation permettant la réalisation de nos rêves (bien plus grands que nos envies passagères du moment) !